T'es contente, maintenant, indomptable salope
C'est un beau gâchis dont tu peux être fière
Décidée comme tu es à me mettre en bière
Avec tes yeux de biche avide d'héliotropes
Aurais-tu oublié nos moments d'intense plaisir
Nos frasques, nos lubies, et nos doux émois
Tes appels déchirants, tes « prends-moi »
Et je te prenais, et tu étais malade de désir
Aurais-tu oublié nos fantasmes éphémères
Notre manie de jouer à retarder l'inéluctable
Temporiser, pauser pour taquiner le diable
Titiller nos sens survoltés, altiers, délétères
Te souviens-tu, garce, de tes appels au viol
Quand tu me suppliais de te prendre à la hussarde
De te défoncer, te l'enfoncer jusqu'à la garde
De te faire mal, te sodomiser, atomiser ta corolle
Tu me disais : je suis tienne, ton bien, ta chose
Fais de moi ce que tu veux, où tu veux, et c'est bien
Brutalise mon corps meurtri, point ne te retiens
Fais-moi subir tes outrages, que ta sève m'arrose
Et moi comme un novice, j'ai cru à tes boniments
Sûr de moi, imprégné de mon légitime pouvoir
J'ai marché, couru, volé, sans seulement savoir
Que tu me faisais marcher, courir, voler indûment
Tu me prenais dans ta bouche, sainte nitouche
Je voyais le paradis, l'éden et le jardin des délices
Dieu était abasourdi, le Diable se pointait, complice
Tes mains s'activaient sur mes bourses, farouches
Soudain l'explosion, tu jouissais, ou faisais semblant
Dieu détournait les yeux, écoeuré, le Diable ricanait
Et toi, avalant goulûment ma sève, tu te pavanais
Fière de ton art, sûre de ta maestria, de ton ascendant
Et voilà que de ton désir de partir tu me fais part
Que de mon corps et de mes étreintes tu es lassée :
C'est la vie, mon minet, c'est comme ça, ça va passer
Pour chaque fille de perdue, il y'en a dix quelque part
Aussi simple que ça, vous vous rendez compte !
Je suis venue, j'ai baisé, bons baisers et à plus
Sait-elle au moins qu'elle m'a mis au supplice
Que son départ me couvre d'opprobre et de honte ?
Je me dis qu'elle ne l'emportera nullement au paradis
Je me réponds que je prends mes désirs pour réalité
Car quand le cruel destin se fait l'allié de la fatalité
Il y a urgence à raison garder, je le dis et le redis
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18 octobre 2009 - 16h52